Continuer à donner aux éducateur·rices les moyens de leurs intentions
Notre position à la suite de la note de cadrage pour une culture commune en faveur du développement des compétences psychosociales à l’école.
La diffusion, en avril 2026, d'une note de cadrage sur les compétences psychosociales est venue questionner la place de notre travail autour de la Communication NonViolente auprès des services de formation de l’Éducation Nationale. Fidèles à ce que nous transmettons, nous avons choisi de ne pas réagir à chaud, de nous concerter pour voir comment chacun·e réagissait, de prendre le temps de mesurer les effets potentiels de cette note sur le terrain et de revenir vers vous depuis un espace plus apaisé. Cinq mois plus tard, nous réaffirmons notre positionnement et notre intention : continuer à soutenir les acteur·rices de terrain qui nous font confiance depuis plus de dix ans.

“J’ai suivi énormément de formations au cours de ma carrière, et je peux le dire : c’est celle qui m’a le plus changé la vie.” “Je ne sais pas si je serais encore au poste que j’occupe sans cela.” Laurence, adjointe au 1er degré et enseignante spécialisée.
“C’est la seule formation, depuis que j’exerce ce métier, qui me soutienne vraiment dans ma posture professionnelle et qui me donne concrètement ces compétences psychosociales dont tout le monde parle.”
Ces phrases, nous les entendons sous des formes différentes depuis plus de dix ans. Ces témoignages disent plus qu'une satisfaction. Derrière ces mots, un même besoin s'exprime : être soutenu·e, être formé·e concrètement dans sa mission éducative.
L'École fait face à des enjeux majeurs
Ce que vivent les personnels et les élèves est aujourd’hui bien documenté. Les constats sont connus et largement partagés. Selon le baromètre d’Ecolhuma, près d’un·e enseignant·e sur deux se dit en burn-out. Selon le baromètre du bien-être au travail des personnes de l’Éducation nationale, en moyenne, les personnes évaluent à 2,5 sur 10 le sentiment que leur métier est valorisé dans la société.
Côté élèves : harcèlement, violences, santé mentale dégradée, c’est pour répondre à ces enjeux que la France s’est dotée d’une stratégie nationale de développement des compétences psychosociales sur quinze ans (2022-2037).
Face à ces chiffres, beaucoup sont découragé·es et se demandent comment faire face et aller de l’avant.
Ce que nous croyons et à quoi nous contribuons
En plus de dix ans sur le terrain, nous n’avons jamais rencontré un·e éducateur·rice qui ne soit pas animé·e de bonnes intentions, nous avons croisé des éducateur·rices qui n’avaient pas les moyens de leurs intentions.
L’enjeu aujourd’hui n’est pas d’ajouter une injonction supplémentaire à des professionnel·les épuisé·es. C’est de leur donner des moyens concrets pour : créer une qualité de relation au service de l'apprentissage, changer de regard et de manière de réagir aux comportements "inadaptés", poser une limite avec fermeté et respect, savoir traverser un conflit de manière constructive, tenir un groupe classe sans s’épuiser, se sentir en sécurité pour dialoguer avec les parents et pouvoir mieux coopérer avec eux. Et, ce faisant, retrouver ce qui leur a fait choisir ce métier : le désir de transmettre et faire grandir.
C’est la mission de Déclic CNV & Éducation : former les adultes qui accompagnent les enfants et les jeunes. La posture de l’adulte constitue un levier essentiel au développement des compétences psychosociales des élèves.
Depuis la création de Déclic : plus de 12 000 professionnel·les formé·es. Un livre écrit à la demande de Réseau Canopé, Développer les compétences psychosociales à l’école : Osons la CNV, vendu à plus de 3 000 exemplaires depuis octobre 2023. Des formations régulièrement classées parmi les mieux évaluées par les participant·es, dans les académies comme auprès des acteur·rices de terrain. Un film documentaire La Petite Classe dont la sortie est prévue en salle le 24 février 2027 pour donner à voir qu’une autre posture éducative est possible.
Publication de la note de cadrage sur les CPS
En avril 2026, une note de cadrage émanant de la DGESCO a été diffusée. Rappelant les grands principes de l'École publique, dont la neutralité, elle indique que “l’École ne doit pas promouvoir des mouvements, comme par exemple la communication non-violente, même si elle peut s’appuyer sur ses principes”.
Cette note de cadrage a généré de la confusion dans les EAFC (École Académique de Formation Continue), académies, établissements, organismes financeurs, équipes éducatives. Depuis sa publication, l’application est inégale : certaines académies suspendent des formations que leurs propres stagiaires classent parmi les plus utiles de leur carrière, alors que d’autres renouvellent leur engagement. Certains établissements renouvellent leur confiance, d’autres font le choix de ne pas faire appel à nos interventions, en référence à cette note.
Dans le même temps, les ressources institutionnelles récentes — kit pédagogique sur l’empathie, hors-série sur les émotions — mettent en avant le lien entre émotions et besoins qui est au cœur des principes de la Communication NonViolente.
La Miviludes, elle, indique ne pas avoir été “destinataire de signalement ou d’information mettant en évidence des dérives de nature sectaire propres à l’organisation CNV ou aux outils qu’elle développe lesquels sont d’ailleurs très largement répandus.” Sur la CNV, elle précise également qu’il “s’agit d’une marque déposée et des formations certifiées sont nécessaires pour utiliser ces outils.”(cf. note de bas de page de la préface du livre Développer les CPS à l’école : osons la Communication NonViolente).
D’un côté, cette note de cadrage. De l’autre, des milliers de professionnel·les formé·es et des retours de terrain constants et très positifs.
L’approche sur laquelle nous nous appuyons
Cette approche, que les stagiaires plébiscitent et dont certains principes correspondent à ce qui est mis en avant dans des ressources institutionnelles actuelles, est un moyen, parmi d’autres, remarquablement concret pour développer les compétences psychosociales des adultes et, à travers eux, celles des élèves.
Nous ne demandons à personne d’y adhérer. Nous proposons de l’expérimenter, d’en vivre les effets, et de choisir librement de l’utiliser ou pas.
Nous ne cherchons pas à promouvoir cette approche en tant que telle, nous cherchons à donner les moyens au plus grand nombre d’une posture au service de leur mission éducative. C’est ce que permet la Communication NonViolente lorsqu’elle est transmise par des intervenant·es qualifié·es et certifié·es par le CNVC®. L’équipe Déclic CNV & Éducation a développé depuis plus de dix ans des modules pédagogiques spécifiques au milieu éducatif pour être au plus proche de la réalité des professionnel·les de l’éducation. Elle réunit aujourd’hui une quarantaine d’intervenant·es qualifié·es et certifié·es.
Quel choix pour les académies et les établissements ?
La note elle-même l’écrit : l’École “peut s’appuyer sur ses principes”. EAFC, académies, établissements, organismes financeurs, équipes éducatives, chacun·e peut décider, en conscience de la manière de s’en saisir :
- Lire la note comme une interdiction, et renoncer à des formations dont le terrain dit qu’elles répondent aux attentes des personnels ;
- Lire la note comme une porte ouverte : elle permet explicitement de s’appuyer sur les principes de la CNV et ainsi continuer à donner aux professionnel·les les moyens de leurs intentions.
De notre côté, nous continuerons à former les adultes, à leur permettre de développer de manière très concrète ces compétences psychosociales, à partager les témoignages des effets de cette approche, et à nous mettre au service de l’école publique, comme nous le faisons depuis notre création.
À qui confions-nous nos enfants ? Dans quelle société voulons-nous vivre ? Ces questions concernent chacun·e d'entre nous. Elles méritent un dialogue ouvert, et nous le souhaitons.
Nous restons présent·es, aux côtés des équipes, des établissements et des institutions, pour dialoguer et contribuer à une école qui favorise des relations respectueuses et des apprentissages de qualité.